apparaître

Plumes et paillettes

L’orientation sexuelle ne se lit pas sur le visage de quelqu’un.e. Ni sur ses vêtements. Ce n’est pas un scoop. Et pourtant, aujourd’hui encore, la diversité des lesbiennes me surprend. Sur insta ou dans la vraie vie, il m’arrive de voir une personne sexisée déclarant son amour pour les femmes et de me dire : « ah ouais ? j’aurais pas dit ». Ce qui est aberrant. Cette...

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Visible

Quand j’ai commencé à sortir de l’hétérosexualité, je souffrais de ne pas « ressembler à une lesbienne ». De ne pas avoir les codes et de ne pas même savoir les lire. Aujourd’hui les choses sont différentes. Aujourd’hui je suis identifiée sans difficulté comme une gouine : par les autres lesbiennes, et aussi par la plupart des hétéroas. Je suis out en famille, au travail, avec mes...

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Comme ils peinent

Comme ils peinent

Comme ils peinent à le dire. C’est stupéfiant comme ils peinent à le dire. Le mot reste bloqué dans leur gorge, dans leurs points de suspensions, dans la voix qui s’éteint incertaine. Pourtant ils le connaissent, ce mot, j’en suis certaine. Ils ne l’ont pas beaucoup entendu, c’est vrai. Et quand ils l’ont lu, sans doute était-ce au détour d’une page sur laquelle des femmes nues gémissaient trop...

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Enfances

On peut être gouine et ne trouver, dans son enfance, aucun « signe annonciateur » manifeste. Il me semble que les récits de soi des meufs gouines cis mettent souvent en avant des enfances placées sous le signe d’une certaine transgression de genre, censée témoigner d’un lesbianisme déjà latent : « moi, je n’embrassais que des filles à l’école », « je refusais de porter des robes » ou...

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Le placard

Le texte publié la semaine dernière, écrit par Emi, autour de ses trois coming-out – bisexuel, pansexuel, gouine – m’a tendu un miroir perplexe : si je me reconnais pour partie dans ses mots, force m’est de constater qu’en près de vingt textes, je n’ai pas parlé une seule fois, pour ma part, de coming-out. Ce n’est pas entièrement un oubli involontaire. Alors, pourquoi, jusqu’ici, ai-je laissé...

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Presque rien

Ça tient à presque rien. La minute d’avant tu te replies, tu te recroquevilles, prête à fuir ou à sortir les crocs : celleux qui t’entourent ont beau se tenir juste à côté, tu te sens séparée d’eux comme par une vitre en verre, un matériau invisible et incassable, une dentelle de béton armé par la solitude. Et puis quelque chose se passe. Quelque chose se dénoue. De nouveau tu te sens en...

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